Savoir-Etre ou Mourir
toute originalité est un aiglon qui ne brise la coquille de son oeuf que dans les aires sublimes et foudroyantes du Sinaï
(Aloysius Bertrand)

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Disraeli (1804 - 1881)



Disraeli

Disraeli et Victoria

Disraeli


Il y eut dans la vie de Benjamin Disraeli tant de romanesque que son biographe pourrait se poser en digne successeur de Balzac. Même Eugène de Rastignac, qui lui ressemble étrangement, paraît parfois plus fade que cet anglais insolite.

Ce juif italien, petit-fils de financier, fils d’homme de lettres, réussit le tour de force de devenir le premier ministre de sa majesté la Reine Victoria. Ce va-nu-pieds ne séduisit pas la grand-mère de l’Europe, surtout en ces temps troublés de la fin des années 1860, par envoûtement. Il avait du talent, de l’audace et de la volonté.

Au début cependant, il subit quelques échecs : le journal qu’il lança fit faillite tandis que ses placements boursiers s’effondraient. Il se lança donc dans une carrière littéraire qu’il ne devait jamais quitter malgré son engagement politique plus tardif. Entamant cette carrière par un roman à succès en 1826, il continua par divers écrits romanesques ou polémiques.

Après un long voyage, destiné à guérir une dépression nerveuse, il entama sérieusement sa vie mondaine et, à la manière des dandys balzaciens, commença d’utiliser sa séduction naturelle au profit de son ambition. Grâce à une de ses maîtresse, il rentra au parti tory ; grâce à une autre, de laquelle il fit son épouse, il acquit une fortune et une stabilité matérielle que ne lui apportait pas la carrière littéraire.

Homme politique sans envergure à ses débuts à la Chambre, à la fin des années 1830, puis mal positionné, assez esseulé, par la suite, Disraeli continua de publier des romans dans lesquels il illustra certaines de ses théories, sinon de ses thèses, politiques. Ces succès et le soutien de sa femme lui permirent d’acquérir un vaste domaine, acquisition qui marqua ses véritables débuts en politique.

Gagnant la confiance de Lord Derby, il succéda à ce dernier à la tête du parti tory puis devint son Chancelier de l’Echiquier à deux reprises. Malheureusement, la tendance était plutôt du côté des whigs et Disraeli fut plus un opposant qu’un dirigeant. Cependant, entre 1866 et 1868, il revint aux affaires et prit la place de Lord Derby malade. Il mena pendant cette période quelques réformes internes et se fit surtout à l’exercice du pouvoir.

Revenu dans l’opposition, il retourna encore une fois à la littérature mais resta sur le devant de la scène politique, s’exprimant sur la politique internationale, sur les conditions sociales et sur les institutions. De retour au pouvoir en 1874, il oeuvra tant à l’intérieur de l’île avec force réformes sociales qu’à l’extérieur, faisant de la Reine Victoria l’Impératrice des Indes et défendant les intérêts impérialistes britanniques un peu partout.

Pour prix de ses efforts, la Reine en fit un Lord Beaconsfield. Ce fut son chant du cygne politique, celui littéraire étant son dernier roman Endymion, paru en 1880 alors qu’il était chassé du pouvoir par les libéraux. Le 19 avril 1881, il décéda des conséquences une brusque maladie.
Caricature de Disraeli et Victoria



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