Savoir-Etre ou Mourir
toute originalité est un aiglon qui ne brise la coquille de son oeuf que dans les aires sublimes et foudroyantes du Sinaï
(Aloysius Bertrand)

Introduction | Balzac | Baudelaire | Disraeli | Théophile Gautier | Hussards | Huysmans | Impressionnistes | Kafka | Lautréamont | Mallarmé | Maupassant | Musset | Nabis | Nerval | Poe | Proust | Romantiques | George Sand | Whistler



Stéphane Mallarmé (1842-1898)


Mallarmé aurait pu être un professeur exemplaire. Il le fut d’ailleurs un temps, enseignant l’anglais à Tournon, Besançon, Avignon et enfin Paris. Mais sa vie fut placée avant tout sous le signe de la poésie à laquelle il se consacra et qui fut son dandysme. En effet, il chercha dès le début un idéal poétique de même que certains cherchaient un idéal vestimentaire ou d’autres un idéal artistique.


Stéphane Mallarmé par Nadar, 1896
Enthousiasmé par les Fleurs de Mal, Mallarmé s’inscrit très tôt dans l’Hermétisme. Peu connu du grand public, il fut d’abord admiré d’un tout petit cénacle puis, après la citation de son nom dans les Poètes maudits de Verlaine et dans A rebours de Huysmans, par un cercle plus large de gens lettrés.

Raffiné dans sa poésie comme dans la vie, Stéphane Mallarmé considérait dédaigneusement la renommée, préférant le calme où il jouait en soliste le drame des affres de la création. Traducteur d’Edgar Poe, considéré par les jeunes symbolistes comme un de leurs maîtres, au même titre que Baudelaire, recevant rue de Rome ses amis et ses disciples – Ghil, Gustave Kahn, Laforgue, Viélé-Griffin, Henri de Régnier, Barrès, Claudel, Gide et même Valéry – Mallarmé vécut à la limite du dandysme, dans la discrétion feutrée de l’esthète véritable et loin de la vaine agitation de ses contemporains excités.

Mallarmé voyait, comme le dandy qu’il était, la vie comme un sacerdoce voué à l’Art et à la Beauté. Héros discret mais immortel de ce siècle bourgeois, il apporta une riposte élégante et peut-être plus efficace que les excentricités de Saint-Cricq : une poésie raffinée et inaccessible aux indigents intellectuels et aux Philistins du vers.

Un an avant sa mort, Mallarmé reprit la figure du dandy de Huysmans dans La Prose pour des Esseintes. Ce fut sans doute une façon de rendre hommage, tout en proposant un nouveau manifeste poétique, à ceux dont les écrits le formèrent intellectuellement et littérairement : Baudelaire, Lamartine ou encore Gautier.


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