Savoir-Etre ou Mourir
il est vrai qu'aucun dandy ne peut totalement coïncider avec le mythe et que cela importe peu, puisque, en fin de compte, l'homme agit et pense en fonction d'une parole myhtique (Emilien Carassus)

Introduction | Gabriele d'Annunzio | Milord Arsouille | Barbey d'Aurevilly | Aubrey Beardsley | Roger de Beauvoir | Brummel | Byron | Boni de Castellane | Astolphe Custine | Félix Fénéon | Villiers de l'Isle-Adam | Alphonse Karr | Jean Lorrain | Pierre Loti | Robert de Montesquiou | Comte d'Orsay | Nestor Roqueplan | Saint-Cricq | Lord Seymour et Montrond | Oscar Wilde



Jean Lorrain (1855-1906)


S'il n'a pas laissé un souvenir impérissable dans la littérature, malgré l'exceptionnel Monsieur de Phocas, Jean Lorrain a fortement marqué son époque. Plus que celui de Wilde, son nom rime avec celui de Sarah Bernhardt. Journaliste impertinent, brillant, il prononça ses arrêts comme il porta ses bagues : avec exubérance. Chroniqueur mondain hors pair, il fut souvent juste, parfois cruel, toujours ironique. Poète et romancier, il laissa à la postérité une oeuvre inexorablement "fin de siècle", décadente. Dandy, admirateur de Barbey d'Aurevilly, il prononça pour ce dernier un court discours funèbre de tous les temps, plus noble et plus vrai sans doute que les dithyrambes des courtisans indifférents et qui s'achevait ainsi : "Monsieur d'Aurevilly, pendant quatre-vingt ans est demeuré ce qu'il était né : une fierté de grand seigneur et une conscience d'honnête homme - et cela mérite bien un grand coup de chapeau au départ."


Jean Lorrain par Nadar
Jean Lorrain fut, à la manière de Wilde, un excessif. Excessif jusqu'à provoquer Proust en duel, excessif jusqu'à se risquer toujours davantage dans la provocation, usant et abusant des droits de réponse à répétition qui emplirent les pages des journaux de l'époque. Fréquentant tour à tour les salons les plus brillants, les bureaux de presse les plus cyniques et les bouges les plus infâmes dans lesquels il recherchait les sensations des plaisirs interdits, il sombra comme tant d'autres dans l'alcool et les drogues.

Jean Lorrain s'éteignit peu à peu, étheromane et bouffi, moins ruiné que Wilde et portant jusqu'au bout ses innombrables bagues. Selon le mot de Philippe Julian, "Jean Lorrain sort de l'oubli [...] à côté de tous ceux qui ont eu le culte de la Beauté, qui en ont parfois vécu cyniquement, mais qui, finalement, sont morts pour elle. " Il fut un peu du XIXème siècle, un peu de ce Paris alors capitale du monde, un peu du dandysme, et cela mérite bien un grand coup de chapeau au départ.



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