Savoir-Etre ou Mourir
il est vrai qu'aucun dandy ne peut totalement coïncider avec le mythe et que cela importe peu, puisque, en fin de compte, l'homme agit et pense en fonction d'une parole myhtique (Emilien Carassus)

Introduction | Gabriele d'Annunzio | Milord Arsouille | Barbey d'Aurevilly | Aubrey Beardsley | Roger de Beauvoir | Brummel | Byron | Boni de Castellane | Astolphe Custine | Félix Fénéon | Villiers de l'Isle-Adam | Alphonse Karr | Jean Lorrain | Pierre Loti | Robert de Montesquiou | Comte d'Orsay | Nestor Roqueplan | Saint-Cricq | Lord Seymour et Montrond | Oscar Wilde



Comte d'Orsay



Le comte d'Orsay
Alors qu’il fut de son vivant un personnage incontournable, le comte d’Orsay n’est que peu passé à la postérité. C’est le prix à payer pour qui sacrifie son œuvre à sa vie, et tel fut le cas de ce dandy souriant.

Beau-frère du duc de Guiche, le fils aîné du premier gentilhomme de la cour restaurée, il emprunta plus à Byron - qu'il cotoya - qu’à Brummel pour édifier son personnage. Pas vraiment dandy selon certains de ses contemporains – dont Barbey d’Aurevilly, jamais à court d’épigramme – il fut avec l’insupportable Normand un des premiers Français à en être.

Trop froide pour son tempérament agité, la morgue de Brummel ne lui convint pas mais il conserva de l’Anglais ses exquises manières, ses chefs d’œuvre d’habillement et son je-ne-sais-quoi qui en fit un être si particulier.

Bien qu’il s’en défendît, le comte d’Orsay fut le plus anglais des Français, symétrique des plus français des Anglais, Byron et Wilde.

Comme tous les dandys, il fut un perfectionniste de la mise, s’appuyant sur les plus strictes conventions pour inventer une originalité particulière. Il bénéficia, et put tirer parti, de son extraordinaire beauté qui séduisit la cour comme le peuple.

Largement caricaturé, parodié par de jeunes gens qui ne furent qu’excentriques – les premiers faux dandys d’une longue série ! -, jamais égalé, le comte d’Orsay marqua de sa silhouette élégante les revues de mode et les dessins des journaux satiriques.

Il connut tout le monde, et tout le monde le connaissait. Il inspira des colonnes entières aux journalistes et aux écrivains, notamment Chateaubriand qui ne l’aimait guère et Barbey d’Aurevilly qui, étonnamment, ne le fusilla pas trop de ses diatribes, le qualifiant même, suprême amabilité du "Connétable", d’ "être complexe".

Son physique de gravure, son intelligence brillante et sa sensibilité profonde en firent un des personnages les plus intéressants de son temps. L’attention constante qu’il dut avoir pour son masque ne lui laissa pas le loisir d’édifier une véritable œuvre littéraire ou poétique. Mais il fut un peu du Romantisme, beaucoup du Dandysme, et cela vaut bien un beau poème.


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